Le marché de l’ameublement en France : freins et tremplins

par fanny | sept. 2019

C’est la rentrée des classes, on s’est dit que c’était le bon moment pour faire un point sur l’état du marché de l’ameublement en France. Comment se porte-t-il ? Quels sont ses freins et ses tremplins ?

Etat des courses

Le marché du meuble étant très fluctuant, 2018 a été une année correcte même si elle « a marqué un net recul des ventes, avec -5,2% pour le meuble meublant » (source:  Toute la Franchise). Même si la décoration séduit de plus en plus de français – croissance annuelle pour le secteur comprise entre 3 et 5% en moyenne – il faut rester prudent quoique 2019 s’annonce prometteur.

D’après la FNAEM , la tendance est au redressement pour 2019. Le marché a poursuivi sa croissance au mois de mai et a enregistré une progression de ses ventes de 10,4%. Le mois d’avril quant à lui affichait + 9,5%. Le marché signe donc une jolie performance à +9,9% pour ces deux mois. Avec le cumul annuel on obtient +4,8% pour les cinq premiers mois de l’année.

Autre tendance qui se démarque, le meuble de seconde main ou d’occasion qui prend de plus en plus de place dans le paysage actuel. Un sondage réalisé récemment précise que 30% des sondés approuvent l’affirmation « Je consomme moins et finalement je ne m’en porte pas plus mal » contre 24% il y a 10 ans *(source : Le Courrier du Meuble et de l’habitat).

© L’Ameublement Français

 

Freins et tremplins

Certes on peut toujours craindre un moins bon second semestre ou une année 2020 médiocre. Les freins qui peuvent être identifiés, et qui parfois mettent à mal le secteur sont, entre autre, la baisse des ventes immobilières, toujours très liées au marché du meuble meublant. Dominique Weber, ancien président de la fédération de l’ameublement, précisait en février 2018 : « un meuble sur trois est acheté par un ménage durant les 24 mois qui suivent son déménagement « (source Europe 1**). On peut également citer une trop forte concurrence sur certains axes ou encore la transformation des attentes et des modes de consommation. Mais puisque 2019 semble bien parti, concentrons-nous plutôt sur les tremplins du marché !

Malgré les difficultés, cette même transformation incite et force les acteurs à se renouveler. Elle donne une dynamique et invite les marques à ne pas se reposer sur certains acquis. La transformation en question est en très grande partie liée à l’intégration du digital . Et qui ne s’y plie pas peut parfois rester sur la touche. Pourtant, avec la collecte de la data le digital permet une ouverture au marché exponentielle. Il est désormais beaucoup plus facile de réunir des informations sur ses consommateurs pour mieux les cibler et répondre à leurs attentes.

L’appel à la transparence, avec l’évolution des relations marques-consommateurs, peut aussi largement être utilisé comme un moyen de décoller. La transparence passe en partie par une communication travaillée sur les réseaux sociaux. C’est l’espace où les acteurs peuvent partager un bout de quotidien au bureau, une info sur la fabrication des produits, créer un contact privilégié avec leurs clients. Tout un tas de choses que les DNVB – Digital Native Vertical Brands – ont bien compris et qui peut être une bonne source d’inspiration. Voir notre article de blog sur le sujet

Boutique connectée Miliboo – ©DR – Challenges

 

Ils surfent sur les (bonnes) vagues

De nombreuses marques évoluent, changent leurs habitudes et apprennent à coller à cette nouvelle donne. Mais elles n’ont pas le monopole du changement. Les Fédérations, groupements d’entreprises, salons dédiés adoptent de nouvelles pratiques, sensibilisent via des workshops et rencontres, adaptent aussi leurs thématiques.

L’Ameublement français

Pour exemple, prenons l’Ameublement français (AMF) qui organise chaque année des journées à thèmes visant à faire intervenir des experts pour aider les industriels à s’approprier et répondre aux nouveaux défis du marché. On vous parlait de transparence plus haut et on fait le lien ici avec les démarches écoresponsables mises en place et le nouveau contrat de l’AMF ayant pour objectif d’atteindre un million de tonnes de produits recyclés. Aujourd’hui la « conscience verte » touche 52% des gens contre 30% en 2001 d’après Marilyne Nguyen, directrice conseil de Sociovision *. Autre sujet abordé en juin dernier à l’AMF, les mutations sociétales. Christophe Sampels, président de Immaterra, explique « qu’il ne faut plus aujourd’hui vendre un produit, mais une solution intégrée, c’est-à-dire un mélange de produits et de services, où le service, autrement dit l’immatériel – joue un rôle essentiel en améliorant les conditions de l’efficience » *. Tout est dit !

Les salons

Les salons ne sont pas en reste et relèvent aussi les nouveaux défis. Le thème de l’édition Maison & Objet de septembre ? « Work ! ». Pile dans la  tendance des produits dits «hybrides qui se prêtent aussi bien aux nouvelles situations de travail […] qu’aux usages de la vie quotidienne […].*» Citons aussi Esprit Meuble qui présentera début décembre une formule revisitée. Le salon s’ouvre davantage : au grand public pour toucher plus de relais presse, à l’international et au contract comme Maison & Objet. Après une enquête menée auprès de certains exposants du salon, il ressort qu’entre 5 et 30% de leur chiffre d’affaires est réalisé avec le monde de l’agencement / projet *. De quoi espérer un nombre de visiteurs croissant pour cette édition, à laquelle vous pourrez d’ailleurs retrouver l’équipe d’INNERSENSE 😉 !

 

#Stay tuned

* Source : Le Courrier du Meuble et de l’habitat – 12 juillet 2019

** Source EUROPE 1 https://www.europe1.fr/economie/pourquoi-les-francais-se-sont-rues-dans-les-magasins-de-meubles-en-2017-3582968